Le dernier mot
Un pour tous, Tous pour un
Qui n’a jamais joué aux jeux de société ?
Pour ma part, comme nous n’avions pas la télévision, on lisait et on jouait beaucoup. Mais ce que je trouvais terrifiant, c’est quand nous laissions le scrabble ou le nain jaune pour sortir le Monopoly. Il fallait tout d'abord sortir les dés, mais ne me dites pas que c’est un jeu de chance. C’est toujours mon papa qui gagnait. Par ruse. En prenant, dès le début, des décisions impitoyables et en réalisant des investissements bien réfléchis. Il se retrouvait alors systématiquement avec un tas de maisons et d’hôtels qui le rendaient de plus en plus riche. Simple effet mathématique par lequel les riches sont toujours plus riches et les pauvres toujours plus pauvres ? Une leçon de vie que j’ai apprise en jouant, même si je ne savais alors pas encore la nommer.
Plus récemment, quand j’ai entendu qu’il y avait une nouvelle version coopérative du jeu : Coopoly, je l’ai immédiatement commandée. On y joue de 3 à 7 personnes. Avec un seul pion.
L’objectif étant de diriger une coopérative, on gagne ou on perd ensemble. Dès qu’un des membres fait banqueroute, tout le monde perd. Idem si c’est l’entreprise qui tombe en faillite. La seule façon de gagner étant de réussir le lancement d’une nouvelle coopérative.
Le but est donc de créer une dynamique propre suffisante pour ne plus être dépendant de la banque. Mais ce n’est pas le seul défi. Il faut aussi réussir à prendre des décisions collectivement : Dédommager les clients mécontents, ou poursuivre malgré une réputation entachée ? Engager un comptable, ou attendre encore un peu ? Augmenter les salaires des employés pour leur permettre de faire face à leurs frais médicaux, ou pas ? Parfois le personnel coûte cher à l’entreprise. Mais parfois il lui offre aussi de belles opportunités quand il s’agit de répondre à toutes sortes de commandes inattendues (à ce point de vue, le jeu ressemble assez fort au Pictionnary).
Nul besoin de dire que j’ai déjà testé le jeu. A la maison, sur la table de la cuisine. Non sans certains ricanements de mes filles : « Si un seul participant se plante, tout le monde perd ? ... Un pour tous, Tous pour un .. c’est ça ? Est-ce que tu crois vraiment que ce sera amusant ? ».
Et là, c’est moi qui ai bien ri. Car si elles prennent du plaisir à s’essayer au whist et aux autres divertissements ‘de leur âge’, elles ont un peu vite oublié que Le petit verger est longtemps resté leur jeu préféré. Vous savez : ce jeu où il faut coopérer pour récolter tous les fruits avant que le corbeau ne passe ?
Enfin, voilà. Peut-être qu’après tout l’esprit de compétition n’est pas trop ancré dans nos gènes. Peut-être que chez nous c’est plutôt le désir de coopérer. Cela me semble certainement une perspective plus séduisante que la logique monopolistique qui menace de prendre le dessus.
Relinde Baeten
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